Madame, svp?

Cath a travers l’objectif de Boby

Interview avec Boby, photographe professionnel – www.rkhoob.com

Cela fait quelques temps que j’avais envie de faire un portrait de ma p’tite tête pour que vous mettiez un visage sur la fille derrière ce blog et ce site. Il n’est pas si facile de se laisser photographier et encore moins d’avoir confiance en quelqu’un pour le faire. Boby était le seul a qui j’avais envie de confier cette mission. Et bien m’en a pris :)  Le jour de la prise de vues j’étais à la fois toute excitée et effrayée par ce qui allait surgir sur l’écran. Avec patience, tact et les bons mots, ceux qui rassurent, je me suis sentie en confiance et moi-même.

C’est naturellement que j’avais également le souhait de vous faire partager et découvrir Boby à travers quelques lignes qui le décrivent…
cahthdkzdjfmza

cahthdkzdjfmza
Etre photographe, un rêve, une passion. Comment on choisit d’en faire son métier ?Ce choix est né d’une passion qui a débuté alors que j’étais militaire de carrière. Durant ces années, j’ai été projeté sur une dizaine de théâtre d’opérations extérieures qui m’ont conduit des pays des Balkans jusqu’en Afghanistan en passant par l’Afrique. Lors de ces missions de plusieurs mois j’ai commencé à photographier l’environnement, le quotidien de ce que je vivais à des milliers de kilomètres de chez moi.

Le moment déclencheur pour moi a été mes missions en Afghanistan en 2003 puis en 2006. Plus j’observais ce peuple, plus je ressentais l’envie, le besoin de retranscrire en images ces regards clairs, les traces du temps sur ces visages que je trouvais particulièrement beaux. Un pays mythique qui m’évoquait la route de la soie, Alexandre le Grand, le commandant Massoud sans oublier le récit de joseph Kessel dans « les cavaliers ». Et puis au-delà, c’était aussi un pays qui tentait de sortir de plus de 30 ans de guerre avec un peuple aux multiples visages qui tels des livres ouverts exprimaient malgré tout de l’optimisme face à une fatalité de la situation politique qui perdurait alors. Ils ont connu la guerre, l’intégrisme des talibans et pourtant leurs regards montraient une volonté qui leur permettait d’aller de l’avant. C’est ce sentiment très profond que je vivais au jour le jour à leur contact et que je voulais retranscrire dans mes photos.

Ce qui n’était qu’un moyen de retranscrire mes émotions lorsque j’étais militaire est donc devenu une véritable passion avec l’envie de raconter des histoires. J’ai donc dévoré une multitude de livres et revues spécialisées pour développer ma technique photographique.

Puis naturellement au moment de ma reconversion s’est posé la question : vers quoi m’orienter ? et puis le pourquoi ne pas tenter de faire de ma passion mon métier ? J’avais 38 ans et plein de questionnement, de doute, c’était le début de la crise, qu’est ce qui fait que je peux sortir du lot, correspondre aux attentes des gens, vais-je pouvoir subvenir aux besoins de ma famille ?

C’est donc avec le soutien total de mon épouse et énormément de travail que j’ai décidé de devenir un professionnel de l’image. Attiré par le design, l’architecture, je me suis donc naturellement dirigé vers la photographie institutionnelle, d’entreprise principalement le BTP. Six mois de doute durant je n’avais aucune commande puis enfin un premier rendez-vous, une première commande en forme de test puis les choses se sont mises en place, j’ai augmenté progressivement mon champ d’action et développé mon activité pour en vivre pleinement aujourd’hui.


Est-ce facile de se positionner dans l’univers de la photographie lorsqu’on est autodidacte ?

Rien ne vous arrive sur un plateau d’argent que vous soyez sortis d’une grande école de photographie ou que vous soyez autodidacte. Le commanditaire quel qu’il soit recherche avant tout une sensibilité, une capacité à comprendre et répondre à ses attentes. Pour un photographe, ses références sont les images qu’il délivre. On dit bien qu’une image vaut 1000 mots. En ce qui me concerne, je n’ai attendu « que » 6 mois avant d’avoir ma première commande.


Certains photographes influencent-ils ton travail ? Et dans quel mesure ?

Pour ne citer qu’eux Steve McCurry, James Natchwey, Don McCullin, Henri Cartier Bresson, Willy Ronis… Je flâne dès que je peux dans les expositions et j’ai régulièrement des coups de cœur. On apprend toujours des uns et des autres puis progressivement on laisse tout cela de côté pour développer in fine sa propre sensibilité, son propre regard dans la façon de percevoir et photographier un sujet, un lieu.


Etre photographe c’est aussi tout une organisation, une planification, comment cela se passe-t-il concrètement un reportage en architecture?

Quand on reçoit une commande de suivi de chantier par exemple et que celui-ci est situé à des centaines de kilomètres et qu’il n’est pas possible d’effectuer de repérages pour des raisons de coût évident, il est nécessaire d’accumuler le maximum de renseignements sur le projet en amont pour programmer les prises de vues. Le contact humain est aussi à privilégier, via le chef de projet, le chef de chantier, ce qui me permet de connaître à distance l’avancement du projet, les évènements importants à venir, coffrage, la pose d’une ossature, la présence ou non d’une grue.

Il faut bien être conscient que le commanditaire fait appel à un photographe professionnel pour obtenir des images de qualité à sa communication d’entreprise et par là je veux dire des photos qu’il n’aurait pas pu faire par lui-même et encore mieux sous un angle auquel il n’aurait pas pensé.

Il ne faut jamais perdre de vue que la lumière, la perspective, les jeux d’ombre sont autant d’éléments à prendre en considération pour mettre en valeur le travail d’autrui. Le photographe doit s’imprégner des lieux tout en faisant attention à des paramètres tels qu’un chantier n’est jamais « propre », que les conditions de sécurité soient respectées dans la composition des images au risque que celles-ci ne soient pas exploitables, à l’orientation des rayons du soleil en fonction du moment de l’année, de l’heure de la prise de vue. Pour cela il existe des applications qui me permettent d’anticiper en fonction d’une date, l’horaire de prise de vue selon l’angle à privilégier.

Effectivement c’est une véritable organisation, d’autant plus que la plupart du temps je me déplace pour plusieurs projets afin de mutualiser mes déplacements.


Comment s’organise une journée de prise de vues de portraits? En fais-tu encore ?

Il est vrai qu’il ne me reste que peu de temps pour la photo de portrait du fait de l’essor qu’a pris mon activité de photographe d’architecture et de corporate. Cependant c’est toujours avec un réel plaisir lorsque je peux revenir à mon domaine de prédilection.

Pour les séances de portrait, je ne prends que sur rendez-vous. L’occasion d’établir un premier contact. C’est loin d’être évident de poser devant un photographe. Nous avons tous une perception différente de l’image que l’on se renvoie à soi-même et qu’il faut dépasser. Mon but premier est de comprendre l’attente de la personne qui vient se faire photographier. Savoir si cette personne a aimé un style particulier de portrait, un thème précis, ce qu’elle souhaite retirer de ce portrait (pour un cadeau, un portrait professionnel)…

Puis dans un second temps je privilégie un contact physique pour permettre aux personnes (enfants, famille…) de se familiariser avec le studio, les lumières, les flashs et expliquer les règles de bases (entre autre par rapport aux matériels). Cette première rencontre permet de gagner un temps considérable le jour de la prise de vue et également d’appréhender la façon de se comporter du modèle (sa timidité, sa façon de bouger, la couleur de ses cheveux, de ses yeux) pour la, le prendre en photographie.

Une séance de portrait dure 2h. Un temps finalement très court, durant lequel je cherche à capter la spontanéité qui ne peut s’établir qu’à partir du moment où il y a un véritable échange, une confiance réciproque. Durant une séance on se donne mutuellement beaucoup, une véritable confiance s’instaure pour permettre quelque part de se désinhiber face à l’objectif et se dévoiler. Et puis il y a toujours les surprises heureuses J une expression, une attitude que l’on découvre et qui révèle la personne face à nous.

 

Retrouver tout le travail de Boby sur www.rkhoob.com 
- Et la musique de Nicolas Richard  www.nicolasrichard.com  

 

 

 

Leave Reply