Madame, svp?

Ca sent le brule, non?

Je vous parlais dernièrement de Ramy Fischler pour AD intérieurs 2013 avec son tapis de pierre. Un autre élément avait retenu mon attention lors de ma visite : Le salon de musique de Pierre Yovanovitch avec sa pièce maîtresse au milieu du salon. Mais oui rappelez-vous… le piano carbonisé au milieu du salon signé Maarten Bass.

Figurez-vous que cela commence à dater ce phénomène puisque Maarten Bass avait commencé en 2006 à brûler  à la chaîne des icônes du design comme la fameuse chaise Rd & Blue de Rietveld. C’est un peu comme lorsque Gainsbourg flambait un billet de 500 frs à l’époque sauf que là il y en a pour un peu plus d’argent…

En attendant voici que le phénomène arrive jusqu’à nous de manière moins esthète et se glisse dans les objets , les tabourets, les paravents, nos aménagements intérieurs pour se revêtir d’un noir charbonneux jouant avec la lumière et les nuances de gris. N’ayez pas peur si vous vous asseyez, vos fesses ne seront pas noires de suie car ils ont pensé à tout nos designers et artistes joueurs aux allumettes, une couche de résine protège la surface de manière invisible.

Capture d’écran 2013-11-20 à 17.42.10Mais d’où vient cette idée folle d’allumer le feu? Et bien tout simplement d’un procédé appelé Shou Sugi Ban (ou Yakisugi) qui n’est autre qu’une technique ancienne de revêtement extérieur japonais qui préserve le bois par carbonisation. Le processus consiste à carboniser le bois, le refroidir, le nettoyer, et finir en le protégeant avec une huile naturelle. (www.shousugiban.com). Terunobu Fujimori, architecte et historien japonais, en use et n’hésite pas une seconde à créer des incendies près de chez lui.

Résistant à l’eau et au feu, imputrescible, le bois ainsi carbonisé nous fascine par ses noirs profonds mais aussi par l’image qu’il véhicule qui peut nous bousculer un peu. Mais le contraste et la proximité entre la noirceur consécutive au feu et la beauté du bois naturel est pour moi magnifique et ne me laisse pas insensible.

Article faisant suite à une parution sur le sujet dans le Elle déco d’octobre 2013.

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