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Artistes et designers
Un personnage singulier, rencontre avec Etienne Fougère, compagnon du devoir

Un personnage singulier, rencontre avec Etienne Fougère, compagnon du devoir

Quand on me demande si je veux rencontrer un artisan d’exception au savoir-faire exceptionnel, ma réponse est plutôt «  Youpi ! » que «  non merci ». C’est comme ça que par un beau matin de printemps, je suis partie sur les routes de Pithivier avec mon ami menuisier pour aller à la rencontre d’Etienne Fougère, compagnon du devoir : bienvenue dans son univers non pas impitoyable mais incroyable.

En arrivant dans la cours qui entoure son atelier, nous sommes accueillis par Rossignol qui chante à tue tête : plutôt bon signe pour une première rencontre, non ?

Notre hôte n’a lui rien d’un Rossignol, mais semble bien venir tout droit du début du siècle : un homme robuste, vêtu de son habit de travail et dont le visage avenant transparait derrière une grosse moustache grise. Je ne vous cache pas que le personnage en impose dès le premier regard. Etienne, « Nantais la Volonté », compagnon du devoir, enseignant et artisan dans l’âme est également un artiste. Ce mot, il ne l’aime pas mais désigne pourtant bien son sens de l’esthétisme, son travail précis, comme ciselé de cet artisan qui n’est autre que « Meilleur ouvrier de France ». Ce titre il l’a reçu pour son travail sur une charpente en bois d’exception qui lui aura réclamé plus de 1 250 heures de travail  en dehors de son propre travail quotidien. Le voici ce petit bijou : un clocher tors…

Etienne m’impressionne un peu mais je suis tellement sous le charme de son travail que je m’enhardie à lui poser des questions sur le magnifique escalier en bois qu’il est en train de réaliser en son atelier. Peu avare de mots quand il s’agit de parler de sa passion (et c’est tant mieux), Etienne m’explique comment il prend en compte la matière vivante qu’est le bois dans ses réalisations afin d’anticiper la façon dont celui-ci va évoluer dans le temps car vous l’aurez compris : on n’est pas chez le géant suédois de l’ameublement, ce qui sort des ateliers d‘Etienne Fougère vous survivra et traversera bien des décennies et plus encore! Cet escalier en cours représente dores et déjà pas moins de 1 100h à ce jour.

Cette connaissance de la matière s’allie à des compétences techniques qui lui permettent de répondre à des demandes le plus souvent insolites comme cet escalier qui représente 1100 heures de mise en oeuvre sans compter la réflexion en amont qui n’est pas des moindres!

Rien ne vous semble plus naturel que cet escalier, n’est-ce pas ? Vous êtes vous demandé comment les marches pouvaient tenir côté vide en étant reliés que côté murs extérieurs ? C’est en cela qu’Etienne est un artisan d’exception, il pense, imagine, conçoit et réalise ce que rêve le concepteur sans le plus souvent savoir comment il va bien pouvoir tenir. Il est la matière grise invisible, en plus d’être un artisan qui maitrise son art.

Je ne saurais que trop vous conseiller de rencontrer Etienne Fougère, ne serait ce que parce-que rencontrer des artisans passionnés et passionnants dans son genre vous redonne foi en votre métier et qu’admirer du beau ne fait pas mal au yeux bien au contraire!

A très vite sur facebook, Pinterest et le site.

 

Salon du meuble de Milan 2017 : Mes coups de coeur On & Off

Salon du meuble de Milan 2017 : Mes coups de coeur On & Off

Cela faisait plus de 15 ans que je n’avais pas pointé mon nez à Milan …

J’avais dû oublier à quel point c’est un endroit captivant et pas seulement côté gustatif et mode, même si ces Italiens ont vraiment l’art et… les manières! Au salon du meuble de Milan, il y a le « ON » et le « OFF » , en route pour le bilan du salon du design 2017 par Oz By Cath.


ON

De ce côté là, j’avais les pieds en feu à piétiner d’allée en allée. Je décrirais l’expérience comme un tourbillon, un trop plein d’informations, la sensation d’en avoir tellement vu que l’essence même finissait par être difficile à détecter!

J’en retiens les formes classiques et modernes qui se côtoient et l’enchevêtrement de ces deux mondes soit par les formes, soit par les matières, couleurs plus modernes. Ce qui donne cette vision à travers le stand Boffi et entre deux allées du hall éclairage.

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Coup de cœur pour Torremato (http://www.torremato.com/) et Mambo Unlimited ideas (http://www.mambounlimitedideas.com/) pour leurs mises en scène aux couleurs poudrées et acidulées qui mettent de la joie et en valeur leurs beaux produits :

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Coup de coeur également pour l’émotion sur le stand de Arturo Alvarez (http://www.arturo-alvarez.com/) ou encore la joyeuse lampe de Andrea Anastasio sur le stand Foscarini (http://www.foscarini.com/fr/) que j’adore.

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Et pour clore ce festival, icone luce nous offre à travers Caveau de Marco Pagnoncelli, un autre éclairage sur ce que peut-être la lumière pensée dès la conception d’un projet d’architecture intérieure (icone lighting). Plein de poésie, n’est-ce pas ?

https://youtu.be/lXNYorqP6U8

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OFF

En sortant de l’appartement, les yeux à peines ouverts de la fatigue de la veille, nous tournons à droite direction la Fondation Prada pour finalement être interpellés par l’animation devant les entrepôts de Paola Lenti (http://www.paolalenti.it/). Drôle de coïncidence, car depuis l’apéro sur le balcon le soir précédent, nous nous demandions ce que pouvaient receler ces grands entrepôts qui se trouvaient juste sous nos fenêtres… Belle surprise donc, rien que le lieu laisse songeur.

A l’intérieur, on déambule à travers une collection formellement simple, où choix chromatiques et matières soulignent la simplicité des formes intemporelles et fonctionnelles.

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Et pour finir ce salon avec un univers poétique et sensible, le studio Nendo dirigé par Oki Sato était l’invité de la salle d’exposition de Jil Sander en plein cœur de Milan. « Nendo : contours invisibles », les projets présentés ici nous laissaient explorer ce que pourraient être les contours invisibles d’objets qui nous entourent si ils étaient rendus moins flous, ou tout simplement plus visibles à l’œil. Un voyage méditatif dans un univers principalement blanc qui me laisse pleine d’émotions encore aujourd’hui ! (pour en savoir plus : l’article Dezeen sur l’exposition Nendo). Inoubliable Nendo ! Un grand merci de partager cette sensibilité…

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Milan c’est fini et ce fut un régal ! La tête remplie d’idées, d’émotions et de découvertes, me voici repartie de plus belle jusqu’à la prochaine édition, car réellement cela vaut le voyage… surtout côté OFF !

 

AESOP, le design et l’architecture intérieure

AESOP, le design et l’architecture intérieure

Ce matin, je me suis dit : « Et si on parlait de la marque de soins cosmétiques haut de gamme Aesop? ». Bon OK c’est pas tout à fait ça, mais j’avais vraiment envie d’évoquer avec vous l’histoire de cette enseigne australienne qui travaille avec des architectes comme Paulo Mendes Dérocha ou Torafu et pour qui l’identité de marque et la personnalisation du concept va à l’encontre des chaines et du  » tout pareil pour tout le monde », celles-là mêmes qui prolifèrent de par leur démultiplication en terme d’implantation au niveau mondial. Autrement dit Aesop a choisit de jouer la carte de l’intégration culturelle. Ce n’est pas une devanture ou un intérieur de boutique identique aux 4 coins de la planète mais une entité différente selon où on se trouve dans le monde. Cela rassure à l’heure de la mondialisation où dans toutes capitales on se retrouve presque comme à la maison …

Le fait que Aesop fasse appel à des cabinets d’architecte, architecte d’intérieur ou designer donne à leurs espaces de vente une dimension d’écrin où le produit même est encore plus mis en valeur. Cela pourrait paraître antinomique et pourtant le pari est gagné.

Pour voir de quoi je parle ( et être conquis j’en suis sure ;) voici quelques exemples à découvrir sans modération…

Architecte In Praise of Shadows / Stockholm / Sweden / 2014

Le magasin Aesop de Stockholm s’inspire de l’architecture traditionnelle japonaise mais qui s’allie parfaitement également ici à l’image que l’on se fait de la Suède de mon point de vue. Les matériaux utilisés inspirent la nature et invitent au touché, au bien être. On ressent en même temps cette frontière entre espace intime et espace de démonstration par ce jeu de contraste de matière et de couleur. Naturellement vôtre.

Architecte Dimore Studio / Milano / Italy / 2016

Une ambiance vert d’eau et jaune. Les carreaux en céramique évoquent les vieilles stations de métro et habillent le lieu du sol au plafond. On a le sentiment d’être transposé dans une salle d’opération de par l’éclairage, la table et la périphérie d’armoires pharmaceutiques au design suranné. Digne d’un décor de cinéma.

Architecte Simplicity / Kyoto / Japan / 2013

Simplicité c’est le mot juste. Pas de cloison pour délimiter l’espace, mais un voile noir qui démarque avec force l’entrée de la pièce de vente. Une manière simple, sobre de mettre en avant les produits qui deviennent un graphisme, une composition dans l’espace tout en s’alliant au texte. Le contraste est également très intéressant avec la pièce de vente qui ressemble presque à un laboratoire photo ?!

Architecte Snohetta / Oslo / Norvège / 2014

Les murs se découvrent pour laisser réapparaitre les matières brutes d’origine. C’est véritablement ici un contraste entre des matières et des formes traditionnelles et plus contemporaines. On revient à l’essentiel de manière monacale avec le plafond mais également le bloc central qui évoque comme un autel.

 

Des lieux de vente à la personnalité forte et qui pour autant ne s’imposent pas devant le produit.
Pour découvrir les projets de Oz suivez le lien : www.oz-bycath.com.