Madame, svp?

Murs porteurs & cloisons semi-porteuses

Illustrations : espace salon avant travaux – espace salon après travaux

Comme je vous l’expliquais lors d’un article précédent « 4 à 5 ans d’études ?! Non ?!… vraiment ? (http://www.blog-bycath.com/4-a-5-ans-detudes-2/), l’architecte d’intérieur est amené à repenser l’espace en fonction des besoins du destinataire. Dans cette démarche il n’est pas rare de devoir déplacer des cloisons, des portes et parfois même modifier des murs porteurs pour agrandir des pièces, distribuer différemment des fonctions, déplacer des accès, créer des circulations.

Lorsqu’on fait appel à un architecte d’intérieur celui-ci peut intervenir dans des espaces neufs ou déjà construits au sein desquels, il peut intervenir sur tout l’aménagement ou réaménagement des lieux en incluant les modifications de chauffage, électricité, plomberie, menuiserie, plâtrerie… MAIS également des modifications structurelles (murs porteurs, cloisons semi-porteuses…).

Ce MAIS est important car il permet aux architectes d’intérieur d’avoir une indépendance face aux architectes dont ils ne dépendent pas lors d’une rénovation d’un espace où des éléments porteurs peuvent devoir être modifiés. Dans quelle mesure me direz-vous ?

Il est en premier lieu indispensable de prendre conscience que modifier structurellement un bâtiment ne se fait pas à la légère et que même démolir une cloison peut parfois vous réserver de mauvaises surprises. En effet ce n’est pas parce que vous voyez une cloison peu épaisse que celle-ci peut-être démolie sans conséquence pour les voisins. Dans les bâtiments anciens entre autre, bon nombre de cloisons sont devenues semi-porteuses avec le temps. Elles ne pourront être démolies qu’en prenant des précautions pour éviter un affaissement du plancher chez les voisins. Pour des murs porteurs il en va de même.

La mission de l’architecte d’intérieur n’est pas uniquement de concevoir mais également d’accompagner le maître d’ouvrage dans les démarches à mettre en place pour un déroulement de chantier sans catastrophe. Ces démarches sont :

– de faire connaître les futurs travaux auprès du syndic de copropriété pour qu’il stipule ceux-ci dans l’assemblée générale (1 fois par an)ou assemblée extraordinaire (que vous pouvez demander moyennant des frais) de copropriété. Tous travaux modificatifs sont soumis à une autorisation préalable de la copropriété. Ce qui signifie que les copropriétaires peuvent s’y opposer lors de l’assemblée. Afin de constituer un dossier solide à présenter pour que le projet passe il est donc indispensable de faire intervenir l’architecte de l’immeuble afin que celui-ci fasse ses recommandations auprès du syndic à travers une synthèse.

Mais également :

– de faire appel à un bureau d’étude technique pour réaliser les préconisations et les schémas techniques à mettre en oeuvre (poutre, poteaux, calculs de sections…) pour reprendre les forces anciennement soutenues par les éléments porteurs démolis. Ce BET prend en compte le nombre d’étage, le type de construction (béton armé, mâchefer, brique…), la portée des murs. Cela implique parfois de devoir faire des sondages dans les murs et plafonds (il faut donc accepter quelques désagréments). Le BET détient sa propre assurance décennale qui portera in fine la responsabilité du projet en terme d’assurance.

– de contacter un entrepreneur capable d’exécuter la mise en œuvre en suivant la prescription du bureau d’étude technique. Un entrepreneur qui a  bien évidemment une assurance décennale (bien vérifier).

– de faire établir un état des lieux contradictoire chez vos voisins. Pourquoi ? Afin de noter les dégâts apparents avant travaux dans les parties communes et chez les voisins entourant directement l’appartement où se dérouleront les travaux pour se prémunir de potentiels petits malins qui souhaiteraient refaire faire leurs travaux à l’œil alors que vous n’y êtes pour rien dans leurs fissures vieilles d’avant votre arrivée. L’Huissier est la personne qui sera la plus à même de procéder à ce constat afin qu’il ait  une valeur juridique.

De plus l’architecte d’intérieur a également une assurance décennale. Celle-ci diffère d’un architecte d’intérieur à l’autre. Si je parle en mon nom, ma garantie couvrira les travaux portant sur la structure dans la mesure où le montant n’excédera pas 25% des travaux réalisés au titre des ouvrages ce qui est plus que rarement le cas en terme financier. Cette assurance étant un gage, je vous conseille vivement de demander une copie de celle-ci si elle ne vous a pas été remise dans votre contrat vous liant à l’architecte d’intérieur.

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